Communiqué du Ministère des Affaires Etrangères et de la Coopération : L'Algérie brise le consensus qui a toujours caractérisé la 4ème commission de l'AG de l'ONU
Rabat le : 19/10/2004

La 4-ème Commission de l'Assemblée générale de l'Onu a été ''contrainte'', lundi, par l'Algérie à voter une résolution sur le Sahara marocain, ce qui brise le consensus qui a toujours caractérisé l'adoption des résolutions concernant cette question, a affirmé le ministère des Affaires étrangères et de la Coopération. ''Pour la première fois, depuis que les Nations Unies aient décidé en 1990 de se saisir du différend régional maroco-algérien, né de la récupération par le Maroc de ses provinces du Sud, la Quatrième Commission a été contrainte par l'Algérie à voter une résolution sur cette question, brisant ainsi le consensus qui a toujours caractérisé l'adoption par ladite commission de cette résolution'', a précisé le ministère dans un communiqué. Pourtant, a-t-on ajouté de même source, dès le début des travaux sur ce point, les deux délégations, marocaine et algérienne, s'étaient mises d'accord pour travailler ensemble en vue d'un consensus, en se limitant à actualiser la résolution A/58/109 adoptée par l'Assemblée générale en 2003, en vue d'y introduire les nouveaux développements enregistrés depuis lors. Alors que les négociations se poursuivaient entre les deux délégations sous les auspices du président de la Quatrième Commission, comme c'était la tradition, l'Algérie a pris la décision unilatérale de présenter un projet de résolution qui s'écarte de l'approche convenue entre les deux parties afin de préserver le consensus de l'année dernière, a poursuivi le communiqué. Dans son projet, a-t-on rappelé, l'Algérie a mis en exergue la résolution 1495 du Conseil de sécurité de juillet 2003, et particulièrement son passage sur l'appui au Plan de paix, en ignorant le contenu et l'apport de la résolution 1541, adoptée par le même Conseil, le 29 avril 2004. Plus encore, l'Algérie a éliminé dans sa résolution toute mention du Représentant spécial, pourtant mandaté par le Secrétaire général, dans le cadre des prérogatives que lui reconnaît la Charte, pour poursuivre les efforts tendant à dégager une solution politique définitive et acceptable pour tous. Le communiqué a fait savoir que l'Algérie a rejeté toutes les médiations et les propositions émanant de plusieurs pays et groupes de pays, y compris de membres permanents du Conseil de sécurité, destinées à préserver le consensus, et a persisté dans sa volonté de faire obstruction à toute formulation qui reconnaît le rôle du Représentant spécial et appuie ses efforts. L'obstination de l'Algérie à faire passer, coûte que coûte, un projet de résolution qui conteste l'autorité du Secrétaire général des Nations Unies et interfère dans ses attributions, traduit une volonté délibérée de compromettre les prochains débats du Conseil de sécurité sur cette question et partant de bloquer tout progrès sur la voie d'un règlement définitif et durable de ce différend, a souligné le communiqué. Les résultats du vote d'hier sur le projet algérien ont démontré que la communauté internationale demeure attachée à une solution politique négociée et définitive de ce différend, a indiqué la même source, ajoutant qu'en effet, il est significatif que sur les 191 membres des Nations Unies, seuls 52 ont voté en faveur dudit projet, alors que 89 pays se sont abstenus et 50 n'ont pas pris part au vote. Ainsi, donc, les trois quarts de la communauté internationale, dont les deux tiers des Etats africains, l'ensemble des membres de l'Union européenne et 11 sur les 15 membres du Conseil de sécurité, se sont abstenus d'appuyer la résolution algérienne, renouvelant par la même leur confiance et leur encouragement au Secrétaire général et à son représentant spécial pour persévérer sur la voie d'une solution politique consensuelle et définitive de ce différend, a noté le communiqué. Le message d'ouverture et d'attachement du Maroc à la légalité internationale, transmis à la communauté internationale à travers des campagnes d'explication et des contacts diligents et soutenus, a donc été bien reçu et s'est manifesté dans ce vote en faveur d'une dynamique de paix dans la région du Maghreb, a affirmé la même source. Au-delà de l'arithmétique, les tractations à la Quatrième Commission, la mobilisation qui les a accompagnées et les médiations entreprises durant ces derniers jours confirment une réalité incontournable : le différend sur le Sahara est bel et bien un différend maroco-algérien et l'Algérie demeurera comptable vis-à-vis du Conseil de sécurité dont elle est membre, et de l'ensemble de la Communauté internationale pour tout retard dans son règlement, a souligné le communiqué. Pour ce qui le concerne, le Royaume du Maroc a réitéré, le 16 octobre 2004, au Secrétaire général des Nations Unies par la voix la plus autorisée, celle de Sa Majesté le Roi ''la volonté sincère du Royaume de continuer à coopérer pleinement avec le Secrétaire général de l'ONU, M. Kofi Annan, ainsi qu'avec son Représentant spécial, M. Alvaro De Soto, en vue de parvenir à une solution politique négociée et définitive'', a-t-on assuré de même source.