L'éducation et la culture,
socles du projet social
Partant de la conviction que la quête de la modernité et la construction de la démocratie passent nécessairement par l’éducation et la culture, le Maroc a mis en chantier depuis quelques années déjà la réforme de son système éducatif et une politique d’ouverture culturelle.
La promotion au Maroc de l'enseignement et de la culture depuis l'avènement du nouveau règne, répond au souci majeur de renforcer la cohésion sociale, marquer un ancrage dans la société du savoir et de la connaissance, à l'heure de la globalisation, et de se prémunir contre les idéologies passéistes et obscurantistes.
Une volonté, manifestée au plus haut niveau, de faire du Royaume, un Etat moderne, et du Marocain , un citoyen conscient de ses droits, en accord avec sa spécificité identitaire Arabe et Amazigh, mais également ouvert sur les autres cultures.
En vue d’atteindre ces objectifs, plusieurs chantiers de réforme ont été ouverts, notamment la mise à niveau des systèmes d’éducation par l’adoption d’une charte sur l’Education formation.
La réforme du système éducatif
Elaborée par une commission d’experts et de représentants de la société civile et des instances professionnelles concernées par le domaine de l’enseignement, une charte dite «Charte de l’Education-Formation» fixe désormais les grands principes et les modalités de réforme du système éducatif. L’approbation de cette charte a été l’une des premières décisions prises par Sa Majesté le Roi Mohamed VI.
Projet très ambitieux, la Charte hisse l’Education au rang de deuxième priorité nationale, après le parachèvement de l’intégrité territoriale. A cette fin, la décennie 2000-2010 a été déclarée, par le Souverain décennie de l’Education-Formation. Les chantiers de cette réforme sont multiples et de longue haleine. Ils concernent aussi bien l’alphabétisation que la généralisation de l’enseignement fondamental, la réforme des programmes, la réforme des cycles, la mise à niveau des ressources humaines, l’amélioration de la qualité de l’enseignement, la gouvernance du système éducatif ou la formation professionnelle, etc
Les programmes scolaires s’adaptent ainsi aux mutations profondes que vit la société marocaine. L’on citera pêle-mêle, l’introduction dans les cursus scolaires de disciplines relatives aux droits de l’Homme ou encore le nouveau code de la famille.
Dans le souci constant d’associer l’ensemble de la population, dans cette marche vers la connaissance et le savoir et d’asseoir l’égalité des chances, les pouvoirs publics se sont lancés dans une campagne tous azimuts de généralisation de l’enseignement en ciblant notamment la petite fille et la femme en milieu rural.
La lutte contre l'analphabétisme constitue un autre chantier dans ce processus de réformes engagée depuis l'accession de SM le roi Mohammed VI au trône.
C’est ainsi que par le biais de campagnes d’envergure, les citoyens, femmes et hommes, sont invités à reprendre le chemin de l'école dans des espaces aménagés au sein des mosquées. Une volonté de lutter non seulement contre l’analphabétisme mais surtout contre l’ignorance religieuse et civique.
La cohésion sociale est à ce prix et les pouvoirs publics sont sur le pied d'oeuvre pour le succès de ces actions.
... A cet effet, le Souverain a encore appelé en octobre 2003 à « prendre, à cet égard, les décisions audacieuses qui s’imposent, faire preuve de tout le courage et de toute la fermeté requise et veiller à la mise en œuvre utile et effective des dispositions (de la réforme) dans la pratique et le vécu des citoyens »
L’enseignement revu et corrigé vise également à réconcilier le citoyen avec son identité plurielle consacrée par le discours Royal d’Ajdir en octobre 2001 avec l’annonce de la création de l’Institut Royal de la Culture Amazigh (IRCAM), instance pluraliste d’études et de recherches qui constitue un acte de dépolitisation de la question identitaire.
Cette nouvelle réforme de l'enseignement, en vigueur depuis déjà une année, encourage également l’engouement naturel du Marocain pour l’apprentissage des langues étrangères en multipliant les centres et laboratoires des langues à travers le Royaume.
L’enseignement, public et privé, qui a toujours cohabité en intelligence avec les autres systèmes d’enseignement (français, espagnol ou anglophone) présents en force au Maroc, souligne, si besoin en était, cette ouverture sur l’autre et son apport pour d’autres cultures.
Une spécificité également perceptible dans l’engouement très marqué ces dernières années des Marocains pour les arts et la culture. Le Royaume est devenu le rendez-vous de grands événements artistiques internationaux.
Aujourd’hui, avec le projet de démocratisation et de modernisation de la société, lancé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, la culture devient un facteur clé dans la stratégie du développement intégré et durable.
Une pratique culturelle conciliant authenticité et modernité
De par sa position de trait d’union entre le monde arabo-musulman et l’Occident, et entre l’Afrique et l’Europe, le Maroc se mêla très tôt aux diverses expériences d’éveil qui virent le jour autour du Sahara et de la Méditerranée. Sa contribution, tant aux civilisations des Deux Mers qu’à celle du grand espace méridional est en effet un chapitre attesté. Il constitue, pour ainsi dire, une nation de synthèse avec les multiples courants qui l’ont traversé depuis la haute Antiquité à nos jours. Son rôle dans la transmission du legs Grec et des savoirs d’Orient à l’Europe, a été déterminant dans l’épanouissement de la Renaissance et, partant, dans l’émergence du Monde moderne.
Dans le projet de démocratisation et de modernisation de la société marocaine lancé par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, la culture est considérée comme un facteur clé dans la stratégie du développement intégré et durable. Le Souverain estime, en effet, que la cohésion nationale passe par les valeurs disséminées par la culture, car c’est la culture qui contribue finalement à l’épanouissement du génie national et à l’amélioration des rapports humains.
Dans ce but, le domaine culturel fait désormais l’objet d’un soutien global et appuyé qui porte sur la réhabilitation du patrimoine, l’encouragement à la production, l’extension et la revalorisation des structures d’accueil, la promotion sociale des artistes, l’organisation des festivals etc...
Ainsi, compte tenu de la dimension civilisationnelle que représentent les différents types architecturaux du passé dans le patrimoine national, un effort soutenu est porté sur la réhabilitation des anciennes médinas, des kasbah et des ksars du Sud, ainsi que sur les monuments historiques dans différentes villes. Dans le même registre de préservation des éléments constitutifs du patrimoine national, la recherche archéologique est de nouveau l’objet d’une coopération internationale, notamment avec l’Union Européenne, la France, l’Espagne et diverses universités étrangères.
En matière d’encouragement de la production culturelle, le soutien de l’Etat s’étend à diverses activités créatrices. Ainsi, le livre fait l’objet d’une nouvelle politique de promotion basée notamment sur le soutien à l’édition et la divulgation de l’écrit à l’intention du grand public. Un salon à vocation internationale est organisé tous les deux ans à Casablanca, auquel participent de nombreux pays d’Orient, d’Occident et d’Afrique. De même, des salons régionaux sont organisés périodiquement avec le concours des professionnels et des collectivités locales pour faire parvenir le livre à toutes les régions.
La même politique de soutien est également appliquée à la production nationale dans le domaine du théâtre. Elle est orientée à la fois vers l’appui aux troupes de professionnels que vers les troupes d’amateurs qui opèrent dans les régions. Le même régime d’appui de l’Etat est également réservé à la promotion de la production nationale dans les domaines des arts plastiques et de la musique.
La relance de l’activité culturelle a donné également lieu ces dernières années, à une multiplication des festivals en tout genre, des Moussems aux festivals parmi lesquels, l’on citera celui de Fès, qui est devenu le " must " de la musique spirituelle dans le monde, d’Essaouira (pour la culture gnawa d’origine africaine songhaï), de Marrakech (pour les folklores régionaux de chants et de danses), le forum intellectuel d’Asilah, le festival international du cinéma à Marrakech … Le Maroc est devenu une terre de prédilection pour les grands réalisateurs internationaux de la stature d’Oliver Stone ou Ridley Scott dont les films plafonnent au box office américain.
Pour permettre aux activités culturelles d’être largement diffusées, un intérêt soutenu est porté à l’édification des structures d’accueil, tant à l’échelon national qu’à l’échelon local. Ainsi, depuis l’avènement au Trône de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, de grands projets stratégiques ont été lancés et doivent prochainement être mis en exploitation. Il s’agit notamment de la Bibliothèque Nationale, du Musée Royal du Patrimoine et des Civilisations, du Musée National d’Art Contemporain, de l’Institut Supérieur de Musique et de Chorégraphie...
De fait, un soutien global et appuyé est apporté à la réhabilitation du patrimoine, l’encouragement à la production, l’extension et la revalorisation des structures d’accueil, la promotion sociale des artistes, l’organisation des festivals etc.
Outre le financement par le Budget de l’Etat des infrastructures d’accueil, le Fonds Hassan II de Développement Economique et Social, a participé de son côté à la création de vingt cinq Maisons de la Culture et Bibliothèques publiques dans un certain nombre de régions du Royaume. Un financement à partir du programme MEDA doit également soutenir autant de ces Maisons dans d’autres régions.
Une diversité linguistique et culturelle
La pluralité des confluents du pays, sa position géographique en tant que carrefour des civilisations et de voisinages dans leurs dimensions arabe, africaine et euro méditerranéenne, font du Maroc, un pays multilinguistique avec comme langue officielle, l’arabe.
Pour consolider ces acquis et insérer le pays dans le courant d’ouverture et de communication, la réforme du système éducatif approuvée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, s’appuie, en matière d’enseignement, sur une politique linguistique claire et cohérente, prévoyant notamment :
- Le renforcement et le perfectionnement de la langue arabe, notamment à travers la création en 2003, de l’Académie de la langue arabe chargée de développer un système linguistique adéquat permettant, particulièrement d’assimiler les concepts scientifique et technologique ;
- La maîtrise et le perfectionnement des langues étrangères en introduisant leur enseignement dès les premières années du cycle de l’école primaire ;
- L’ouverture sur la culture amazighe (Berbère) et sa réhabilitation confirmant ainsi, la détermination de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, à donner toute sa dimension à la pluralité de l’identité marocaine. Il a, en ce sens, mis en exergue dans le discours du Trône du 30 juillet 2001, la variété des affluents qui, au fil des siècles, ont contribué à l’enrichissement de l’identité marocaine ; et en octobre 2001, Il a annoncé, à l’occasion du Discours historique d’Ajdir, la création de l’Institut Royal de la Culture Amazighe (IRCAM), instance pluraliste d’études et de recherches.
La création de cet Institut doit donc être perçue comme un acte de dépolitisation de la question identitaire. C’est le sens qu’il convient de retenir de l’affirmation Royale que l’amazighité appartient à tous les Marocains, sans exclusive, dès lors qu’elle plonge ses racines au plus profond de l’histoire du peuple marocain. L’IRCAM œuvre aujourd’hui à la promotion des différentes formes d’expression de la culture et du patrimoine amazighes et au renforcement de leur place dans le système éducatif national. Dès cette année, l’enseignement de la langue amazighe est une réalité dans les premières années du premier cycle dans bon nombre d’écoles primaires à travers le Royaume.
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