| Le Maroc a toujours condamné et avec la plus grande fermeté toutes les formes de fanatisme haineux dont le terrorisme est l’expression la plus abjecte. Il est déterminé à lutter résolument contre les mouvances terroristes qui exploitent la religion à des fins politiques. Touché dans sa chair par le terrorisme, le Royaume mesure parfaitement l’ampleur du combat contre ce fléau. Son action en matière de lutte anti-terroriste, loin d’être ponctuelle, est l’expression d’un engagement de tous les instants, procédant d’une approche stratégique de sécurité globale, placée sous le signe de la prévention.
Cette action se décline sous plusieurs formes. Elle est notamment politique, économique, sociale et éducationnelle. Le Maroc est convaincu que le terrorisme tire son essence tant de la xénophobie et de l’intolérance, que des autres formes de fanatisme et de radicalisme hermétiques à la modernité et à l’altérité, qui accompagnent la mondialisation sans être le propre d’un pays, d’une religion ou d’une culture. C’est d’ailleurs à ces fléaux que les Marocains ont payé un lourd tribut un certain 16 mai 2003 sur l’autel du modèle de société démocratique et moderniste qu’ils sont en train de parfaire.
Le Maroc conçoit et inscrit son action contre le terrorisme dans une triple dimension : nationale, régionale et internationale, convaincu que la même menace guette indistinctement l’ensemble des membres de la communauté internationale.
Dans ce sens, il convient de rappeler que le Maroc, qui a adhéré intégralement au dispositif juridique et institutionnel universel de lutte contre le terrorisme dès sa mise en œuvre par la résolution 1373 du Conseil de Sécurité, est convaincu que l’Organisation des Nations Unies est et demeure le cadre idoine d’expression du consensus de la Communauté internationale contre ce fléau.
Un phénomène complexe
Pour autant, la nature complexe du phénomène terroriste et sa mobilité qui se joue des frontières et des identités nationales, nous commandent de relayer le cadre d’action défini au niveau mondial par une approche régionale mieux adaptée et plus renforcée.
Cette dimension sub-régionale gagnerait elle-même à s’appuyer sur les acquis du dialogue Euromed (notamment le Dialogue 5+5), ainsi qu’une plus grande prise en considération des différentes expériences nationales des pays de la rive Sud qui, confrontés très tôt à la montée du radicalisme haineux, ont capitalisé une expertise qu’il convient de mettre à profit dans cette lutte.
Le traitement des différentes affaires liées au radicalisme religieux par les autorités marocaines suite aux attentats du 16 mai 2003 à Casablanca, a permis de démanteler nombre de groupes radicaux et d’inculper ceux impliqués dans des affaires liées au terrorisme.
Coopération internationale
Les résultats obtenus en matière de lutte anti-terroriste sont dus tant à la ténacité de l’action marocaine, qu’à la coopération étroite avec les services de sécurité d’autres pays.
La connexion verticale et quasi-hiérarchique ou du moins la subordination idéologique des cellules locales à la nébuleuse terroriste internationale, est avérée. Les investigations ont révélé que la planification des opérations est généralement le fait d’intervenants non marocains et que le « mot d’ordre » des opérations réalisées est venu d’une autorité idéologique légitimante extérieure.
L’enquête menée par les autorités espagnoles en étroite collaboration avec les Services marocains compétents montrent que les Marocains ou les personnes d’origine marocaine écroués pour leur implication dans les attentats de Madrid sont de simples exécutants se situant aux derniers maillons de la chaîne. Ils sont, pour la plupart, soit nés, soit installés dans les pays européens depuis de nombreuses années. C’est donc, dans la pauvreté intellectuelle et morale et dans l’indigence matérielle, qu’il convient de rechercher les motivations de leur déviance.
Souci sécuritaire et préoccupations humaines
Les enseignements ainsi tirés confirment que seule une dialectique à triple niveau national, régional et international est à même de conférer cohérence et efficacité à la lutte contre la menace terroriste. A cet égard, il faut noter la convergence des approches entre le Maroc et ses alliés stratégiques dans cette lutte, notamment les Etats-Unis, sur les questions de fond concernant la sécurité régionale et internationale. Une approche qui s’articule autour du concept de sécurité globale, alliant souci sécuritaire et préoccupations humaines.
C’est dans ce sens que le Maroc appelle à un engagement renouvelé, renforcé et solidaire, dans le cadre d’une démarche globale et multidimensionnelle basée sur la co-responsabilité et la confiance mutuelle et résolument tournée vers une conjugaison des efforts qui garantissent la prise en compte de l’ensemble des défis à la sécurité commune.
Le développement socio-économique, la consolidation de la démocratie sont des mots clé dans cette lutte, car dans le contexte actuel, un Etat dont la souveraineté est respectée et dont l’intégrité territoriale est préservée, est le meilleur garant de la sécurité de ses populations et des voisins.
La promotion d’un rapprochement humain et culturel effectif a également son importance. Les incompréhensions, les amalgames et autres ignorances, font le lit de la nébuleuse terroriste internationale, qui se nourrit de l’ostracisme promu par la thèse du « choc des civilisations ».
Résorber des foyers de tension
La lutte contre le terrorisme passe aussi par l’instauration d’une paix durable (sustainable peace) et par la résorption des foyers de tension. A cet égard, la résolution d’un conflit artificiel autour du Sahara marocain, est plus que jamais une nécessité. C’est là, d’ailleurs, l’une des dimensions de l’engagement stratégique du Maroc en faveur de la construction d’un Magreb uni sur des bases saines, en tant que facteur de stabilité dans la région. En effet, en plus d’être économique et politique, le coût du « non-maghreb » risque aussi d’être sécuritaire.
Il faut noter également que la véritable matrice de l’instabilité résiduelle demeure le conflit israélo-palestinien. La question palestinienne est l’une des clés, sinon, la clef principale de la stabilité de la région. Stigmatisant l’action à géométrie variable de la communauté internationale et son incapacité à imposer un règlement juste et durable de ce conflit, les courants extrémistes en font un véritable fond de commerce et l’argument premier pour le recrutement de nouveaux adeptes.
Face à ces menaces et devant ces défis, la sécurité et la stabilité apparaissent à la fois comme un bien commun à préserver et un objectif stratégique à poursuivre. En cela, le Maroc et ses Alliés stratégiques se doivent de rester vigilants et solidairement engagés dans le combat commun pour extirper les racines du terrorisme et en supprimer les structures.
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