SERVICES

 

 

A. Commerce transfrontière des services

 

            Dans le cadre des  négociations sur le commerce transfrontière  des  services, l’approche de négociation convenue entre les deux parties a été adoptée dans une optique et une perspective de libéralisation contrôlée, combinant les avantages de l'ouverture des échanges de services et le maintien du pouvoir de régulation des secteurs sensibles.

 

            Celle-ci consiste en l’établissement d’une liste négative qui permet d’énumérer, dans des annexes, tous les secteurs et mesures qui ne feront pas l’objet de libéralisation.  La partie marocaine avait manifesté sa préférence pour une approche positive, plus maîtrisable, notamment en raison de l’existence de secteurs peu ou pas réglementés dans le domaine des services. Toutefois, une analyse approfondie et des concertations au niveau national ont permis de définir la position marocaine dans tous les secteurs de services couverts par la négociation.

 

            Cet exercice a pu être mené avec l’aide et la participation effective de l’ensemble des départements concernés, tant au niveau des consultations préalables que des négociations, et a permis à la partie marocaine de déterminer les mesures de dérogation à inscrire au niveau des annexes, conformément aux législations et réglementations mises en place, (Annexe I) ou en référence  à des sensibilités futures pour des secteurs non réglementés (Annexe II), par rapport à des engagements de libéralisation pris de manière horizontale dans le chapitre commerce transfrontière des services.

 

Ces négociations ont abouti aux résultats suivants :

 

1 - Un texte sur le commerce transfrontalier :

 

            Le chapitre sur le commerce transfrontière des services reprend les dispositions de l’Accord Général sur le Commerce des Services (AGCS) de l’OMC.

 

            Les dérogations à ces principes sont reprises dans le cadre des annexes I et II prévues à cet effet.

 

            Il convient de noter, enfin, que ce chapitre ne s'applique pas aux services aériens  (autres que la réparation d'avions et les services aériens spécialisés) et aux services fournis dans l’exercice de l’autorité gouvernementale.

 

  2 - Les  mesures non conformes marocaines :           

 

            Les  discussions sur ce sujet ont abouti à l’introduction de deux annexes envisageant, l’une, des dérogations aux engagements pris de manière horizontale, sur la base des textes législatifs et réglementaires existants (annexe I) et l’autre la possibilité de déroger, dans le futur, à des mesures particulières dans des secteurs particuliers non réglementés (annexe II).

 

            Une période transitoire de  2 ans a été aménagée pour 9 secteurs non réglementés, au cours de laquelle le Maroc peut introduire des mesures non conformes dans le cadre de la fourniture transfrontière du service. Durant cette phase, des consultations auront lieu entre les deux parties pour décider d’inclure les mesures nécessaires dans l’annexe I, si le secteur a été réglementé dans l’intervalle ou, en cas de non réglementation, d’inscrire le secteur en annexe II ou de le supprimer. 

 

 

+ Dans le cadre de l’Annexe I, le Maroc a obtenu :

 

- le maintien des monopoles existants (OCP, ONE, ONCF, monopoles communaux …),

- la limitation de l’accès au  marché marocain, pour certains secteurs sensibles, aux sociétés de droit marocain ;

- l’octroi de la priorité aux nationaux pour les services professionnels réglementés.

   

            + Dans le cadre de l’Annexe II, les acquis du Maroc portent sur des réserves générales faites pour les services à caractère social, certains services de santé spécialisés, les services culturels, les services de communication  et les Accords bilatéraux ou internationaux. S’agissant de ces derniers, le Maroc a prévu des dérogations à la clause de la Nation la Plus Favorisée, qui lui permettent d’accorder un traitement préférentiel à des pays tiers, sans être tenu de l’étendre aux USA.

 

Cette dérogation s’applique à deux niveaux :

 

- pour les Accords existants, elle concerne tous les secteurs ;

- pour les Accords futurs, elle vise les secteurs suivants : les services culturels, la communication, l’éducation primaire et secondaire, l’aviation, les pêches,  les transports maritimes et les questions maritimes (opérations de sauvetage…).     

 

            Par ailleurs, une disposition prévoit la possibilité d’ouvrir des consultations si le Maroc s’estime lésé par une mesure prise par les Etats-Unis dans le cadre de l’accès au marché.

 

 

B. Diversité Culturelle et Services Audiovisuels

 

Dans le cadre de la négociation sur les services, le Maroc a réaffirmé ses engagements bilatéraux et internationaux, notamment en matière de diversité culturelle et de communication.

 

            La partie marocaine considère que la culture n’est pas un bien marchand comme les autres. A ce titre, elle a réitéré, dans cet accord, son attachement à la diversité culturelle, confirmant ainsi ses engagements internationaux en la matière et répondant également à l’impératif de préserver et développer son patrimoine culturel pluriel.

 

Les exemptions indispensables ont ainsi été introduites. Outre la marge de manœuvre qu’il conserve pour conclure, selon les modalités qu’il souhaite, tout accord culturel avec des partenaires bilatéraux et régionaux, le Maroc garde toute latitude pour définir la politique culturelle de son choix notamment pour la détermination des soutiens et des subventions qu’il entend accorder aux créateurs et entreprises artistiques.

 

            Toutes les activités culturelles sont concernées par lesdites subventions : la publication, la distribution ou la vente de livres, magazines, périodiques ou journaux imprimés ou électroniques ; la production, distribution, vente et affichage des enregistrements de  film ou vidéos ; la production, distribution, vente et affichage des enregistrements de points de musique ; la production, distribution ou vente de points de  musique imprimés ou lisibles par machine ; la diffusion radiophonique pour le public en général, de même que  la radio, la télévision et les activités de télévision connexes par  câble, des services de programmation de satellite et des services de réseaux de diffusion. »

 

 

            Par ailleurs, des mesures conservatoires ont été prises afin de préserver la marge de réglementation et de libéralisation future du secteur de l’audio-visuel. Partant, la partie marocaine :

 

·        aura la latitude d’accorder des préférences aux fournisseurs marocains de services, sans pour autant les élargir nécessairement aux ressortissants de pays tiers,

·        pourra prévoir des préférences à la production marocaine dans le cadre d’un cahier de charges,

·        imposera la condition de présence locale pour la commercialisation et la distribution des services transfrontaliers, ainsi que l’obligation d’établissement en tant que Société de Droit marocain.

·        et prévoira des limitations sur la capital étranger.

 

            Ainsi, les dispositions en la matière de l’Accord de libre-échange sont-elles en totale conformité avec les engagements bilatéraux et multilatéraux du Maroc et avec la législation nationale.